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TOUT CE QUI N'EST PAS DONNÉ, EST PERDU

AU DERNIER DES HURONS

SAPERE AUDE (ose savoir)

Réflexions d’une vie

Dédicace

 

A mes ancêtres, pour m’avoir permis cet extraordinaire voyage,

A mes parents et mon père en particulier, pour avoir été ma boussole tant précieuse,

A Sonia, mon ex-femme, pour m’avoir aimé si fort et permis d’être l’homme que je suis,

A mes enfants qui ont été ma raison de vivre et qui m’ont rendu si heureux,

A tous ces peintres qui ont apporté leurs coups de pinceaux à ma grande fresque,

A vous tous qui avez influencé ma vie, un grand merci du fond du coeur.

C’est quoi la vie, Papa ? Quel est son sens ?

 

Mes enfants m’ont souvent posé ces questions. Il est difficile de répondre devant l’absence probable de réponses universelles mais si j’ai hésité à partager mes convictions c’est surtout parce que je voulais qu’eux-mêmes trouvent leur chemin et les réponses à leurs questions.

 

La vie dans son expression la plus résumée n’est rien d’autre que de l’information assemblée grâce à de l’énergie… Toute la vie tourne autour de ces deux piliers : l’information et l’énergie.

La domestication du feu (estimée aujourd’hui à – 790.000 ans sur le site du Gesher Benot Ya’aqov au bord du Jourdain) par l’homme, source d’énergie primaire, a marqué un grand tournant dans l’aventure humaine. La découverte des gènes, puis la lecture de l’ADN et le séquençage génétique, ou le développement d’internet à la fin du 20ème siècle ont aussi marqué notre histoire en révolutionnant notre manière de voir le monde.

Mais cette vision réductrice de la vie manque de poésie et ne permet pas de facilement comprendre notre entourage. La biologie nous enseigne que cette information utilise des supports pour se matérialiser, se propager et se reproduire, et la philosophie nous interroge sur le sens à apporter à tous ces mécanismes, à cette grande horloge. Chaque question en appelle une autre, sans cesse et on se perd vite dans un labyrinthe d’interrogations. Et ce sont bien les questions, et la manière dont on les formule, qui définissent le monde dans lequel on vit... et ses limites aussi d'ailleurs.  Chaque individu ne voit le monde qu'au travers des questions qu'il se pose. Que voulons nous devenir ? Que souhaitons nous être ? Avons-nous besoin du regard de l’autre pour exister ? Robinson Crusoé aurait-il pu survivre seul sur son île sans sa noix de coco personnifiée à laquelle il parlait pour survivre ?

Ce livre se veut un outil de partage et d’échanges pour alimenter les générations suivantes dans leur quête du bonheur et de plénitude, le graal de toute vie bien réussie sur terre.

L'ignorance et la peur

Compétition ou collaboration ?

"Si tu veux aller vite, marche seul mais si tu veux aller loin, marchons ensemble" (proverbe africain)

 

Le sujet de la globalisation est un sujet passionnant et qui déchaîne la chronique depuis des années. La globalisation est un bonne chose pour l'humanité. 

Le morcèlement du monde en pays ne correspond à aucune réalité géographique ou biologique, c'est tout au plus une conséquence historique (voir "Guns, Germs, and Steel" de Jared Diamond), de migrations, de conflits, de guerres et de conquêtes mais la planète ne fait qu’un.

Toute tentative de diviser le monde n'est qu'artificielle et éphémère. Comme le dit très bien Yuval Noah Harari dans son magnifique livre "Sapiens", on a divisé le monde en pays sur la base de « mythes » et de croyances. "Nous sommes des sang-mêlés" (Manuel d'histoire de Lucien Febvre et François Crouzet) et pour ne prendre que le cas de la France, nous sommes en fait la résultante d'un brassage génétique qui a eu lieu pendant des siècles sur une plaque tournante au sein de l'Europe.

Toute action menée quelque part dans le monde a des conséquences ailleurs et c’est bien le drame de notre problématique sur les climats. Un pays ne peut pas agir seul. Il faut qu’il agisse en concert avec tous les autres si on veut faire et voir une différence.

 

Ceci était moins vrai ou moins important par le passé parce qu'on n'impactait pas notre environnement comme on le fait aujourd'hui, mais vu l'empreinte que l'homme a sur la planète actuellement il est illusoire (égoïste et absurde) de penser qu'on peut agir de manière isolée sur ces sujets environnementaux, sociétaires et économiques.

Sur tous ces sujets nous avons besoin de travailler ensemble et de collaborer. Il n' a aucune raison de ne pas vouloir le faire. Au final, nous appartenons tous à la même espèce et nous aurions tout intérêt à nous entendre et à collaborer face aux grands sujets technologiques, philosophiques et sociétaires qui s'annoncent et qui décideront du futur de notre espèce.

La planète ne nous appartient pas. "Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants » disait Antoine de Saint-Exupéry. Et c'est comme cela que j'ai toujours voulu voir les choses car au-delà d’une absence de limite géographique, elle traduit aussi l’idée d’une responsabilité envers le futur et le fait qu’ici bas, RIEN ne nous appartient.

Les Amérindiens (les vrais Hurons) l'avaient bien compris, bien avant nous. 

Nous mourrons tous un jour (en tant qu'individus faits de chair et d'os) et il est donc illusoire de penser qu’on possède des choses, si ce n’est de manière éphémère. Je reviendrai plus tard sur cette notion d’éphémère car c’est une notion majeure dont tout le monde est conscient mais que personne ne prend vraiment en compte. Personne n’agit vraiment comme si tout était éphémère et c’est un des paradoxes de la vie.

Revenons au sujet de la globalisation. Les relations humaines ne sont pas construites sur le concept d'un jeu à "somme nulle" (c'est à dire qu'il faille absolument qu'il y ait un perdant quand il y a un gagnant). Pourquoi faudrait-il que dans les échanges il y ait nécessairement un gagnant et un perdant ? Ne pourrait-il pas y avoir deux gagnants ? C'est sur ce principe gagnant / gagnant que s’est construite toute l’économie mondiale. La spécialisation du travail, le partage des biens produits et l’enrichissement de tous au travers d’une meilleure qualité de vie. La seule entrave à cette relation gagnant / gagnant c'est la perception de "justice" par les deux parties.

Ceci me rappelle un exercice qui nous avait été soumis à Stanford dans une formation exécutive sur le "leadership". Quelqu'un vous donne US$ 100 et vous demande de décider comment vous voulez répartir cette somme avec votre voisin (que vous ne connaissez pas). Combien de US$ êtes vous prêt à lui donner et combien voulez vous en garder pour vous ? Une fois votre décision prise, on la communique à votre voisin et on lui demande si il est d'accord avec le partage. Si oui, le partage se réalise comme vous le souhaitiez. Sinon, le partage ne se réalise pas et les US$ 100 reviennent à la personne qui vous les avait donnés en premier lieu. 

 Je me rappelle ce jour là, avoir – très rationnellement – proposé de garder 99 USD et de donner 1 USD, vu que j’avais tout le pouvoir de décision. C’est alors qu’à ma grande surprise mon voisin refusa le 1 USD avec lequel il aurait pu se payer un café…. Pourquoi refuser 1 USD qu’on vous donne ? Pourquoi ? Parce que pour lui ce n’était pas juste et qu’il préférait perdre 1 USD que de cautionner un comportement injuste. Quel bel apprentissage ce jour là… Le monde n’est pas conduit que par des décisions rationnelles… l’émotionnel prend une place très importante... et nous reviendrons dessus plus tard dans le livre avec les notions d’IQ et de EQ. Toujours est-il que j’étais alors très curieux de savoir quel aurait été le bon niveau de partage, quelle décision aurais-je dû prendre ? Bien sûr la réponse dépend de la personne en face, de ses besoins réels, de son état d’esprit, etc.. mais en moyenne et de manière générale, les « voisins » acceptent le partage à 60-70 pour celui qui a le pouvoir de la décision et à 30-40 pour eux. J’insiste sur ce point car beaucoup de gens proposent spontanément 50-50. Au départ vous avez le pouvoir de décision (comme quand vous fixer un prix sur la valeur du produit que vous vendez et sur la répartition de cette valeur par rapport à vos coûts de production et d’innovation), vous devez donc valoriser ce pouvoir, cet avantage compétitif. Si vous ne le faîtes pas, vous ne prenez pas en compte cet élément là, et dans la vie, dans vos activités professionnelles, des situations similaires à ce jeu se présenteront et la bonne décision sera celle qui consistera à optimiser votre bénéfice tout en restant dans une limite considérée comme "juste".

Quand on pense qu’il y a des gagnants et des perdants dans les échanges, alors on se concentre sur la répartition des gains et des richesses, on se préoccupe des règles du partage au lieu de se concentrer sur comment générer plus de richesses pour tous. On porte toute notre attention sur comment la croissance est partagée au lieu de la porter sur comment elle est générée…

C’est une erreur…

Est-ce pour autant qu'il faut rejeter la compétition ? Ne pas vouloir être le meilleur, le plus rapide ? Pas tu tout. En fait, il ne faut pas opposer compétition et coopération. Ces deux moteurs opèrent ensemble pour faire de ce monde ce qu’il est aujourd’hui. Nous avons bien trop souvent tendance à aimer les systèmes binaires (chaud / froid, méchant / gentil, bon / mal, etc) mais très peu de choses sont binaires dans le monde. La coopération se nourrit de la compétition. En effet, plus la compétition est forte, plus cela force à la spécialisation et plus la spécialisation est importante, plus il y a de besoin de collaborer et de possibilités de gagner/gagner et d'échanger. Les vues binaires ou les vues perdants / gagnants dans les échanges mondiaux (USA/Chine) par exemple sont réducteurs et trompeurs.

La compétition est un moteur essentiel de la vie et du progrès. La compétition est une très bonne chose. Elle nous permet de constamment nous améliorer, d'améliorer nos différentes aptitudes et nos conditions de vie. Ce besoin de compétition est ancré au plus profond de nos gênes. Les spermatozoïdes se font déjà la course pour féconder l'ovule. Quand les ressources étaient limitées, le premier cueilleur mangeait à sa faim. Pas le dernier. Ce sont les gênes du premier qui ont survécus. Quand un lion se mettait à courir derrière deux hommes, la course n'avait pas lieu entre le lion et l'homme mais entre les deux hommes. Le plus rapide survivait. Nous avons donc été sélectionné depuis des millénaires sur nos aptitudes et quand une situation de concurrence se présentait il fallait être le meilleur ou le plus rapide. Mais on ne peut devenir meilleur que grâce aux autres. Sans l'autre, sans un référentiel, il n'y a pas de compétition possible, pas d'amélioration. On comprend là pourquoi en fait ces notions de compétition et de collaboration sont intimement et intrinsèquement liées. Pour prendre un exemple dans le sport, savez pourquoi Usain Bolt est l'homme le plus rapide du monde et ceci depuis plusieurs années alors qu'il est grand, beau, riche et a 30 ans ? Et bien aussi surprenant que cela puisse vous paraître, c'est parce qu'il a un autre Jamaïcain de 3 ans et demi de moins, qui s'appelle Yohan Blake, qui force Bolt à vivre une vie de sacrifices et d'entraînement pour être le meilleur. Si Bolt se relâche, il tombera immédiatement dans l'oubli et c'est Blake qui deviendra fameux et riche. Si Bolt est si rapide, c'est grâce à Blake. 

Créer "plus", répartir "mieux", deux visions du monde:

Bien sûr il ne faut pas se limiter à des raisonnements binaires, et l’idéal est de faire les deux choses mais quand il s'agit de faire des choix et de définir des priorités, se dégagent alors deux visions du monde:​

  1. Ceux qui voient le monde « fini » et qui applique cette finitude à leur mode de pensée en se disant que l’essentiel est de bien répartir, de répartir au mieux les richesses, le travail, les ressources de la planète.

  2. Ceux qui pensent que le monde est « infini » (y compris les ressources de l'univers à notre disposition) et qui partent donc du principe qu’au lieu de s’occuper de la répartition des richesses, du travail, des ressources, on devrait s’attacher à les développer et à les agrandir...

 

Dans le premier modèle on retrouve les partis politiques socialistes et social-démocrates qui théoriquement (parce qu’aujourd’hui les réalités économiques prennent le pas sur les idéologies) proposent de mieux répartir la richesse en prenant par exemple au travers des impôts aux riches pour donner aux pauvres (au travers du service publique). Ce système n'a jamais prouvé être en lui-même pérenne. On finit souvent par appauvrir tout le monde.

 

Quand on parle de "croissance et justice", (et je ne dis pas "justice et croissance" car si il n'y a pas de justice dans la répartition si il n'y a rien à répartir, donc on doit commencer par la croissance avant de parler d’équité de la répartition de la croissance et des richesses), deux camps s’opposent souvent: le camp qui s’occupe de “répartir les richesses au mieux” (supposément la gauche) et le camp qui s’occupe de “créer des richesses au mieux” (supposément la droite). Quand on comprend cela, les cycles d'alternance (droite, gauche en France, ou républiques, démocrates aux États-Unis) font sens.

Pendant des générations, les parents étaient confiants que leurs enfants auraient une meilleure vie qu’eux (dans la cadre de paramètres objectifs et sans prendre en compte ni le subjectif, ni le fait que les attentes évoluent en fonction de nos conditions de vie, et que donc tout cela ne préjuge pas de l'évolution du bonheur des populations, notion sur laquelle je reviendrai plus tard)… Ces tendances sembleraient s’inverser dans beaucoup de pays depuis le début des années 2000. Les gens se trompent peut être mais c’est tout de même un signe qu’on arrive à un moment où il faut possiblement repenser certains de nos modèles.

 

Une anecdote raconte comment un élève demande à son professeur, "madame, c'est quoi le communisme ?". Le professeur réfléchit et décide de leur montrer au travers d'un exemple L’exemple de la classe à qui la professeur donne la note moyenne des élèves est bien connu et montrer comment ce système qui fait rater le bac à tous les élèves de la classe n’est pas pérenne. Comme le dit aussi très justement le proverbe chinois, quand le riche maigrit, le pauvre meurt de faim…

De l’autre côté, on retrouve les républicains et les libéraux qui croient dans le fait que la répartition des richesses ne devrait pas être un sujet si ces richesses étaient très abondantes car tout le monde s’en sortirait mieux et qui donc préconise de se concentrer sur le développement de ces richesses. Ils proposent donc des programmes de création de richesses. C’est un système qui pourrait sembler pérenne mais qui ne l’ai pas non plus sans l’autre composante pour une question de perception d’iniquité, d’injustice. (Voir l'exercice de Stanford cité ci-dessus) 

Mais au travers de cet exemple, rappelez vous que les écarts de richesses gênent, elles induisent des jalousies, elles perturbent. Elles obligent donc à ce qu’on alterne entre des phases de création de valeur avec des phases de répartition de valeur, rien d’étonnant donc à ce qu’on voit les cycles politiques gauche, droite se succéder depuis des décennies. Soyez donc conscients de tout cela et de l’image que vous projetterez envers les autres.

 

Cependant ne vous laissez pas aveugler par les discours

Si on était préoccupé par le fait de savoir qui allait bénéficier de l’électricité en premier au lieu de voir que cela allait amener de la richesse pour tous, on aurait essayé de freiner son développement pour être sûr que tout le monde y aurait accès, que cela serait juste… en fait on aurait pu imagine que les pauvres seraient restés avec les bougies et les riches avec l’électricité mais ce que l’histoire nous a appris c’est qu’en fait c’est exactement le contraire qui s’est produit… et comme l’avait prédit Thomas Edison dès le début

« On rendra l’électricité si peu chère que seuls les riches achèteront des bougies » Thomas Edison

Sans électricité, tout s’arrête aujourd’hui, plus de lumière, plus d’ordinateur, plus de téléphone, plus de réfrigérateur (donc plus de conservation de notre énergie alimentaire), plus de transfert de l’argent qui devient de plus en plus électronique (on parle d’abandonner l’argent papier).

Primary sources of energy : charbon, gas naturel, courant d’eau, soleil, vent

Secondary source : fission nucléaire (car il faut du charbon ou du pétrole pour faire marcher cette fission)

© Sébastien HURON

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